Pour tout amateur de musique de tous les styles, le vinyle peut être assimilé à « de la gastronomie ». Vinyle ou « disque microsillon », ce fut le principal support de diffusion d'enregistrement sonore commercial durant la seconde moitié du XXᵉ siècle. Dans ce format, on déguste pleinement une haute qualité musicale et une fine écoute de morceaux de tout type. Mais qu'en est-il aujourd'hui ? Est-il toujours un produit à succès ? Comment progresse son utilisation en mixing et comment le vinyle est né ? On vous propose de faire le point.

Aiguille diamant sur le microsillon d'un disque vinyle en lecture sur platine tourne-disque

Comment fonctionne un disque vinyle ?

Le vinyle est à l'origine une matière plastique couramment utilisée (polychlorure de vinyle). Aujourd'hui on affilie directement ce terme au disque vinyle qui est un support de diffusion de musique pour tous les styles. Il se compose de deux faces, comme le CD (disque compact à lecture laser). Classiquement de couleur unie et noire, on le retrouve désormais avec une grande variété d'esthétiques. Un disque vinyle ne se lit que sur un appareil platine tourne-disque ou un électrophone.

Pour sa lecture, un diamant qui appartient au lecteur vinyle va venir parcourir le microsillon du vinyle (chemin tracé) en y frottant une aiguille. Un contact se crée et la musique est partagée à son tour par un enchaînement mécanique.

Qu'est-ce qu'un disque microsillon ?

Le microsillon, c'est littéralement le chemin que suit l'aiguille. Gravé en spirale sur toute la surface du disque, ce sillon est si fin, à peine 0,025 mm, qu'on ne le distingue à l'oeil nu que comme un reflet. C'est cette finesse qui change tout : là où un vieux 78 tours ne tenait pas plus de 5 minutes par face, le microsillon apparu en 1948 a permis de stocker jusqu'à 45 minutes de musique sur un seul disque. Une petite révolution discrète, gravée dans le plastique.

0,025 mm
largeur du microsillon
45 min
de musique sur un 33 tours
1948
naissance du microsillon moderne

Les formats : 33, 45, 78 et 16 tours

Les tours, c'est simplement le nombre de rotations que réalise le disque par minute. Et selon ce chiffre, tout change : la taille, la durée, l'usage.

● Le 78 tours (1920-1950)

Diamètre de 25 à 30 cm, 3 à 5 minutes par face, soit une ou deux chansons. La fabrication s'est arrêtée dans les années 1950, mais des anciens modèles restent prisés des collectionneurs.

● Le 33 tours (LP / album)

33 tours 1/3 par minute, 30 cm de diamètre. Le format album de référence, entre 8 et 12 titres au total. En 17 cm, il devient un « EP » pour 4 morceaux environ.

● Le 45 tours (single / maxi)

17 cm, 1 ou 2 morceaux par face. L'ancêtre du CD single. Certains maxis en 30 cm proposaient des morceaux de 5 à 20 minutes, notamment pour le disco et le funk.

● Le 16 tours (textes parlés)

Né en 1957, surtout utilisé pour des œuvres littéraires et pièces de théâtre. Pas un franc succès : il disparut au bout de quelques années.

Un peu d'histoire

Comment et pourquoi le disque vinyle et le tourne-disque ont-ils fait leur apparition ? Le vinyle représente, à chaque évolution, une période de l'histoire de notre société et de ses goûts. Tous les genres y sont donc passés : le jazz, le classique, le rock, le hip-hop et aujourd'hui l'électronique. Symbole de pop culture, il a su en émerveiller plus d'un et continue de le faire aujourd'hui !

La première version de la platine vinyle a été réalisée par le créateur du phonographe en France, en 1857 : Edouard-Leon Scott de Martinville. À l'époque, ce phonographe reproduisait plutôt du bruit et était utilisé en laboratoire. Grâce à Thomas Edison qui prit la relève en fabriquant un nouveau modèle en 1877, le tourne-disque est né. Cette fois-ci, on y enregistrait et jouait du son. Graham Bell a même ajouté sa touche pour y percevoir des ondes sonores en combinant la cire au dessin, pour créer le gramophone.

10 ans après, c'est Emile Berliner qui obtint un brevet pour ce dernier, composé de caoutchouc dur et de shellac. Cette machine était capable d'interpréter les sillons des disques plats, et c'est ainsi que vint le jour des disques vinyles, et non plus des disques cylindres.

Quelle est la matière d'un disque vinyle ?

Le vinyle est à l'origine une matière plastique couramment utilisée : le polychlorure de vinyle, ou PVC. Souple, léger, résistant, c'est lui qui donne au disque sa flexibilité caractéristique et qui supporte sans broncher les aiguilles, les manipulations, les années. La couleur noire ? Elle vient tout simplement de la suie de carbone ajoutée lors du pressage pour rigidifier le disque.

Et les vinyles colorés alors ? Même recette, avec des pigments en plus. Le résultat est magnifique et la qualité sonore n'en souffre pas. Chaque disque est pressé à chaud en une trentaine de secondes entre deux matrices métalliques, un procédé presque artisanal à l'échelle industrielle, qui n'a pas fondamentalement changé depuis les années 50.

Le disque vinyle, pour la musique

L'ère la plus populaire pour le tourne-disque et les disques vinyles représente la période des années 60 et 70. La qualité de la diffusion du son a connu une belle amélioration qui a créé son succès commercial. Au fur et à mesure, les DJs de hip-hop se sont mis à donner une nouvelle utilisation de ce support à partir des années 80 et 90. À l'aide de mixeurs, ils ajoutaient de nouveaux éléments rythmiques et de la gratte. Le scratching a commencé son essor et continue d'en ravir plus d'un.

Les disques vinyles ont été les supports de tous les genres de musiques, allant du classique, au jazz, hip hop, disco, électro. Leurs lecteurs étant un objet unique à la fois de décoration et de loisir inédit, son succès revient aussi par l'utilisation forte des artistes pour le mix. Bien qu'en 1970 les lecteurs vinyles représentaient l'un des rares et seuls moyens d'écouter de la musique, désormais ce produit représente à la fois un objet collector et un produit moyen à haute gamme. Il fait partie du paysage esthétique d'une véritable communauté de diggers.

Quand on pense au disque vinyle et à son écoute, il s'agit d'une écoute plus attentive qu'une écoute mobile par des écouteurs en transport par exemple. On imagine un cadre chaleureux, très propice à une atmosphère unique qui permet l'immersion totale dans la musique. Déconnexion et moment présent.

Son retour

Après avoir beaucoup été transmis dans le circuit alternatif et notamment très soutenu par les amateurs d'acid, hardcore, tek et autres musiques de niche, il est indéniable que le disque vinyle est désormais devenu un marché important. Vendu dans les grands magasins et dans les boutiques spécialisées, en ligne, les grands artistes sortent même leurs albums parfois sous éditions « LP », pour profiter de l'expérience vinyle.

S'ensuit forcément une production plus intense des lecteurs vinyles, passant par une esthétique pointue. Aujourd'hui, les amateurs de musique en tout genre profitent d'une écoute de haute qualité, tout en bénéficiant de fonctionnalités plus modernes : de l'enregistrement/diffusion USB à la connexion à smartphone, tablette et PC.

Un vrai renouveau culturel, alors que l'on pensait ce support mort avec l'ascension d'internet, des téléchargements et du streaming musical. Avec les progrès technologiques d'aujourd'hui, le disque vinyle représente un véritable objet esthétique de collection et d'écoute de haute qualité. Des signes affectifs lui sont dédiés, comme de vrais trésors que l'on déniche sur un parcours de chasse aux trésors, car nombreux sont difficilement trouvables, vendus qu'en éco-recyclerie dû à leur âge, ou bien qu'en réseaux par souci de petite distribution.

Questions fréquentes sur le disque vinyle

Comment fonctionne un disque vinyle ?

Un diamant fixé sur la tête de lecture parcourt le microsillon gravé en spirale sur le disque. En frottant, il vibre, et ces vibrations deviennent du son après amplification. Tout mécanique, tout analogique, pas un octet dans l'histoire.


Qu'est-ce qu'un disque microsillon ?

C'est le nom technique des disques vinyles modernes (33 et 45 tours), apparus en 1948. Le sillon est si fin, 0,025 mm, qu'on peut y graver 45 minutes de musique là où un vieux 78 tours tenait à peine 5 minutes par face.


Quelle est la matière d'un disque vinyle ?

Du PVC, polychlorure de vinyle. Un plastique souple et solide qui supporte bien les années. La couleur noire vient de la suie de carbone ajoutée lors du pressage. Les vinyles colorés, c'est le même PVC avec des pigments en plus.


Quelle différence entre un 33 tours et un 45 tours ?

Le 33 tours (30 cm) est le format album : 8 à 12 titres, jusqu'à 45 minutes de musique. Le 45 tours (17 cm) est le format single : 1 ou 2 titres par face. La vitesse de rotation est différente, d'où les noms.


Combien de chansons peut-on mettre sur un vinyle ?

Sur un 33 tours, entre 8 et 12 titres au total, soit 4 à 6 par face, environ 20 à 25 minutes par côté. Sur un 45 tours, généralement 1 titre par face. Plus le son est enregistré fort, plus le sillon est large et moins il y a de place.


Pourquoi le vinyle revient-il à la mode ?

Parce qu'on en avait assez d'écouter de la musique distraitement. Le vinyle impose un rituel : poser l'aiguille, retourner le disque, lire la pochette. C'est une écoute consciente, chaleureuse, qui tranche avec le streaming. Et ça, ça ne se démode pas vraiment.

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